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Les enseignes de mode ripostent au rouleau compresseur Vinted

Dans une boutique Kiabi à Faches-Thumesnil (Nord), le 23 septembre 2014.

Les marques et enseignes d’habillement ne font plus l’autruche. « Impossible de mettre la tête dans le sable », reconnaît Amélie Poisson, directrice générale adjointe de La Redoute. En 2021, la filiale du groupe Galeries Lafayette lançait sa propre plate-forme de vente consacrée aux vêtements d’occasion, La Reboucle. « A la Vinted », explique la dirigeante. Un échec. Deux ans plus tard, alors que l’inflation incite les Français à acheter davantage de produits d’occasion, elle change son fusil d’épaule.

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Sous le même nom, La Redoute a lancé, en novembre, une place de marché de produits vendus par des professionnels. Environ 15 000 articles sont mis en ligne. « Il en faudra 100 000 », estime Mme Poisson, pour être crédible face au million de références d’articles neufs proposés sur La Redoute. Mais monter cette offre n’est pas simple. Pour preuve : parmi ses partenaires figure Rediv, start-up née en 2013, qui, le 25 octobre, a été placée en redressement judiciaire…

Difficile, en effet, de se faire une place face au rouleau compresseur Vinted qui capte une bonne part des vêtements à revendre. Aude Viaud, fondatrice de Smala, plate-forme spécialisée dans la mode enfantine de seconde main et également partenaire de La Redoute, en convient. Né en 2017, à Nantes, le site vend des articles d’occasion « peu portés » qu’il rachète aux familles, ainsi que des produits neufs invendus auprès des marques.

Rude bataille

Son activité exige de récupérer ces pièces expédiées dans un carton par les familles, de les contrôler dans un entrepôt de 4 000 mètres carrés à Carquefou (Loire-Atlantique), de les repasser, de les stocker et de les vendre en « dégageant une marge suffisante ». Smala, qui a levé 4 millions d’euros en 2021, est aujourd’hui tout juste à l’équilibre, en dépit d’une croissance de 35 % cette année. En 2024, l’entreprise vise 9 millions d’euros de volume d’affaires.

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La bataille sur ce marché sera d’autant plus rude que les grandes enseignes d’habillement s’y lancent. D’après une étude de l’Institut français de la mode dévoilée le 30 novembre, 48 % d’entre elles en vendent déjà et 28 % ont un projet similaire. Zara, numéro un mondial de l’habillement, étend ainsi sa plate-forme Pre-owned : née en Espagne au printemps, elle est, depuis l’été 2023, accessible aux Français.

Kiabi est aussi à l’offensive pour développer son offre en ligne et en magasin. Elle a inauguré deux magasins pilotes, mi-novembre, à Madrid et à Petite-Forêt (Nord). L’enseigne de mode à petits prix détenue par l’Association familiale Mulliez y a installé des rayons d’articles de seconde main, marché qu’elle a abordé voilà quatre ans. « En 2024, tous les Kiabi en comprendront, contre 300 actuellement », précise Estelle Urbain, directrice des nouveaux business de Kiabi, qui exploitent 579 magasins en Europe.

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