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Mort subite du nourrisson : les images sur les paquets de couches contraires aux recommandations de couchage

Depuis les années 1990, les recommandations de faire dormir les bébés sur le dos ont fait chuter le nombre de morts subites de nourrisson.

Chaque année en France, entre 250 et 350 bébés sont touchés par la mort subite. C’est la première circonstance de décès chez les nourrissons de 28 jours à 1 an ; dans les trois quarts des cas, la mort survient avant l’âge de 6 mois et souvent pendant le sommeil. Si les causes sont multifactorielles, l’une d’entre elles concerne la position de couchage ainsi que l’environnement du bébé lorsqu’il dort.

Au début des années 1990, le décubitus ventral a été proscrit au motif qu’il était un facteur de risque majeur de la mort subite du nourrisson (MSN) par hyperthermie, confinement et asphyxie qu’il pouvait entraîner. Puis, en 1996, des recommandations internationales ont été édictées par l’American Academy of Pediatrics : coucher le bébé sur le dos dans une turbulette, éliminer oreillers, jouets ou doudous, couverture ou encore peau de mouton, tour de lit…, bannir les nuits ou les siestes avec son bébé… En France, grâce à ces recommandations, l’incidence de la MSN a chuté de 80 %.

Las ! « Malgré cette très forte diminution, le taux d’incidence ne baisse quasiment plus en France. Le pays se classe même parmi les pays européens où la prévalence est la plus élevée », souligne Martin Chalumeau, chef du service de pédiatrie générale à l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP), à Paris, professeur à l’université Paris-Cité et épidémiologiste à l’Inserm. L’une des raisons serait que les pratiques de couchage à risque sont toujours élevées. Or, selon l’observatoire national des morts inattendues du nourrisson, jusqu’à cent cinquante décès pourraient être évités chaque année si les familles étaient mieux informées. L’enquête nationale périnatale 2021 montre que de nombreuses femmes (43,6 %) disent ne pas avoir reçu de conseils sur le couchage du nouveau-né. A ce manque d’informations s’ajoute un décalage entre les images commerciales utilisées sur les emballages de produits destinés aux bébés et les recommandations de couchage.

631 emballages identifiés

Des chercheuses et chercheurs de l’Inserm, des enseignants-chercheurs de l’université Paris Cité et d’HEC, en collaboration avec l’AP-HP et le CHU de Nantes, ont voulu le vérifier. Ils ont recherché sur Internet et dans onze pays d’Europe, dont la France, l’adéquation entre les recommandations de couchage des enfants et les images présentes sur un produit que les parents utilisent plusieurs fois dans la journée : les paquets de couches pour des nourrissons de moins de 5 kg – ce sont eux qui ont le plus de risques de mort subite. A chaque fois, ils ont regardé s’il y avait une image représentant un bébé, s’il dormait et, si oui, si sa représentation était conforme avec trois des sept recommandations internationales de prévention de MSN. L’étude a été publiée vendredi 20 octobre par le Journal of Pediatrics.

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