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Essais cliniques : vers un code de bonne conduite pour le recours aux volontaires sains

Lors des essais pour le vaccin contre le Covid-19 de Pfizer, à l’école de médecine de l’université du Maryland, le 4 mai 2020.

Cet article ne manquera pas d’attirer l’attention des lecteurs de Nature Medicine du 14 août. A côté des publications de résultats de recherches, cette « correspondance » parle de volontaires sains enrôlés dans des essais cliniques comme des « cobayes professionnels », certains participants à plusieurs études simultanément, au point de compromettre leur santé et la validité de ces essais. Signée par neuf personnalités de la recherche médicale des quatre coins du monde (France, Etats-Unis, Afrique du Sud, Malaisie, Argentine, etc.), cette tribune relaie une initiative pour établir un code de bonne conduite. L’objectif est de distinguer le statut des volontaires sans pathologie, qui participent à un essai le plus souvent pour des raisons financières, de celui des patients qui en espèrent un bénéfice thérapeutique.

Un marché mondial très concurrentiel

L’initiative, baptisée « VolREthics » (pour volunteers in research and ethics), a été lancée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en février 2022, au sortir de la pandémie de Covid-19. La rapidité de la mise sur le marché des vaccins n’avait été possible que grâce à des « challenges vaccinaux » dans lesquels des volontaires ont accepté de recevoir un vaccin dont on ne savait pas grand-chose avant d’être confrontés à un virus que l’on savait incontrôlable.

Derrière ces héros de la pandémie qui ont pris des risques pour le bénéfice du plus grand nombre se cache une industrie méconnue, celle des sociétés de recherche sous contrat. Pour le compte de laboratoires pharmaceutiques, ces prestataires de services recrutent des volontaires, les rémunèrent, organisent les essais et valident leurs résultats. Ce marché est devenu mondial et très concurrentiel. « Les sociétés de recherche sous contrat s’efforcent constamment d’accélérer les délais et de réduire les coûts, ce qui peut conduire à des processus de recrutement plus agressifs et pourrait conduire à des compromis sur les normes éthiques », écrivent les signataires de la tribune.

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En dix-huit mois, deux réunions plénières, l’une à Paris sous l’égide de l’Unesco, l’autre à Bruxelles sous celle de la Commission européenne, et une réunion régionale par continent, VolREthics a mobilisé plusieurs centaines de personnes issues de la pharmacie, des agences gouvernementales, de la recherche universitaire, et même des sociétés de recherche sous contrat et quelques volontaires.

Trois groupes de travail (protéger contre le risque d’exploitation des volontaires, protéger contre le risque de préjudice, garantir la validité des études) lancés en juillet devraient permettre de déboucher sur la rédaction, dès le début de 2024, d’un code de bonne conduite. Il n’aura pas de pouvoir coercitif, même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Conseil des organisations internationales des sciences médicales (fondé par l’OMS et l’Unesco) ou encore le partenariat des pays européens et en développement sur les essais cliniques se sont joints à l’aventure.

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